L'information apportée aux familles des patients en fin de vie en réanimation

Elie AZOULAY, Delphine MOREAU, Philippe QUINIO

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Pour discuter avec: Elie Azoulay.

Service de Réanimation médicale, hôpital Saint-Louis, Paris ;

Introduction

La relation Médecin-Malade oppose le plus souvent deux modèles d'interaction : le modèle paternaliste et le modèle autonomiste 1. Dans le premier cas, le médecin est le " gardien " du patient, celui qui sait, il informe le patient du diagnostic, du pronostic et des traitements qu'il a choisi pour lui. Le patient de son coté consent aux soins. C'est aujourd'hui en France le mode d'interaction le plus répandu entre le médecin et son patient. Dans le second cas, le médecin est un consultant, il écoute son patient plus qu'il ne lui parle, il identifie les valeurs du patient et prend avec lui les décisions les plus adaptées à ses choix. Ce modèle décrit plus volontiers la relation Médecin-Malade dans les pays anglo-saxons où le respect de l'autonomie du patient, principe clé de l'éthique médicale, est la règle.

En Réanimation, l'application de ces deux modèles doit s'adapter aux singularités du contexte : le patient étant dans la majorité des cas non conscient et/ou non compétent 2-4, sa famille est l'interlocuteur privilégié des Réanimateurs 5, les décisions sont souvent prises dans l'urgence, le sanctuaire de la relation Médecin-Malade est bousculé par la multiplicité des intervenants, et enfin, les familles sont sujettes à des symptômes d'anxiété et de dépression pouvant altérer leur capacité à comprendre les enjeux de l'hospitalisation en Réanimation. Dans ce cas, trois modes d'interaction sont habituellement observés entres les soignants et les familles des patients de réanimation : le premier s'apparente au paternalisme médical, les deux autres modèles, inspirés des pratiques anglo-saxonnes, allant plus dans le sens du respect de l'autonomie du patient. Dans le premier modèle, un représentant familial reçoit l'information mais n'interagit avec les soignants ni dans le cadre des soins ni dans le cadre des décisions médicales. Dans le second modèle, la famille témoigne des volontés et des valeurs du patient auprès des réanimateurs qui s'attacheront à soigner le patient comme il l'aurait voulu. Dans le troisième modèle, la famille exprime ses propres volontés, participe aux décisions médicales et aux soins prodigués au patient, et fait partie intégrante des protagonistes de soin.

Nous proposons un chapitre composé de trois parties. Tout d'abord, nous souhaiterions rapporter les travaux ayant permis de mesurer la qualité de l'information apportée aux familles des patients de Réanimation. Dans cette première partie nous décrirons aussi dans quelle mesure la relation soignants-familles en réanimation peut aussi respecter le principe de l'autonomie du patient. Dans un second chapitre nous rapporterons la revue de la littérature sur les particularités de l'information aux familles des patients en fin de vie. Enfin, à partir des éléments qui nous ont paru pertinents ou d'intérêt particulier, nous proposerons des lignes directrices permettant d'envisager une amélioration de la prise en charge des familles des patients en fin de vie, ainsi que notre agenda de recherche.


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